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Conseil des Droits de l'Homme : la Chine, une nomination insensée


Sur la photo : Mr. Jiang Duan, Ministre à la mission de Chine auprès du Conseil des Droits de l'Homme.


Une opinion de Lucas de Lathouwer, étudiant en sciences économiques et membre du comité de l'Union des Etudiants Juifs de Belgique.


Actuellement, le dictionnaire Larousse définit l’ironie comme étant « une opposition, un contraste entre une réalité décevante et ce qui pouvait être attendu ». Si le concept vous semble encore un peu abstrait, laissez moi vous donner un exemple d’une simplicité déconcertante : ce mercredi 1er avril, La Chine a été nommée par l’ONU au groupe consultatif du Conseil des Droits de l’Homme.

Ce groupe a la tâche de sélectionner les futurs enquêteurs de l’Organisme Mondial des droits de l’Homme. Autrement dit, la Chine a dorénavant un impact sur le choix des personnes qui détermineront quelles sont les situations qui entravent la liberté d’expression, la liberté religieuse ou la santé partout sur notre planète. Suite à cette annonce, de nombreuses ONG de défense des droits de l’Homme se sont indignées et appellent Antonio Guterres - Secrétaire Général de l’ONU – et Michelle Bachelet – Haut-commissaire aux droits humains – à dénoncer sans plus attendre cette nomination.

Mais pourquoi une telle agitation autour de cette annonce ? En quoi cette nomination est-elle si ironique ? C’est très simple : La Chine est très loin d’être un bon exemple en la matière.

Nous vous en parlions déjà il y a quelques semaines dans notre Carte Blanche publiée dans La Libre sur la question des Ouïghours, une ethnie musulmane vivant dans la province du Xinjiang qui subit actuellement une forte répression de la part du gouvernement chinois. Cette répression se traduit par des internements dans des camps dits de « rééducation », des stérilisations forcées, la destruction des lieux de cultes et j’en passe. En résumé, au niveau de la liberté religieuse et des droits humains, c’est un zéro pointé pour la Chine.

Et cela ne s’arrête pas là car, en ce qui concerne la liberté d’expression, la liberté de presse ou les libertés individuelles, là encore le régime de Pékin arrive en bon dernier. Entre la surveillance de masse, la censure abusive ou l’usage récurent de la torture et de la peine de mort par le système judiciaire chinois, il y en a pour tous les goûts.

Cependant, cette annonce de l’ONU est passée assez inaperçue. En effet, quasiment aucun des médias dits « d’envergure » n’a couvert l’événement et sans l’intervention de l’ONG UN Watch, il est probable que nous aussi n’en ayons entendu parler que bien plus tard.

D’un point de vue rationnel, il est évident que l’attention médiatique est ailleurs au vu de la crise sanitaire que le monde traverse actuellement. Par conséquent, les sujets ne touchant pas directement à l’intérêt national ou à la santé publique sont relayés au second plan mais il reste tout de même intéressant de se poser des questions quant à ce silence médiatique et au fonctionnement de nos médias en général.

En effet, il n’est pas rare de voir nos journaux télévisés ou écrits traiter de sujets que certains pourraient qualifier d’inutiles mais passent totalement l’éponge sur des situations humaines ou diplomatiques beaucoup plus graves et importantes qui se passent parfois sur le pas de nos portes. Il est également peu commun que les médias s’intéressent à ce genre d’annonces alors que celles-ci ont un impact significatif sur la façon dont l’ONU, l’institution qui a probablement le plus de pouvoir au niveau mondial, fonctionnera au cours des prochaines années.

Il est déjà plus compréhensible que les Etats n’aient aucun intérêt diplomatique ou économique à dénoncer cette nomination mais sans cette intervention des Etats, les médias ne semblent pas déterminés à couvrir l’affaire.

Malgré cela, les ONG commencent à se mobiliser et exigent d’Antonio Guterres – Secrétaire Général de l’ONU – et de Michelle Bachelet – Haut-commissaire aux droits humains – qu’ils prennent la parole et s’opposent à cette nomination qui ne fait aucun sens.

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